L’ANSES mêle des « parties prenantes » dans sa science

Il est normal qu’un décideur politique écoute les avis des « parties prenantes » (dont la science) pour construire le meilleur compromis. Par contre il n’est pas normal du tout qu’un organisme supposé être garant de l’expertise scientifique indépendante, adapte sa « vérité scientifique » en fonction des avis de lobbyistes. Le « bien-être animal » et l’environnement en sont victimes, une fois de plus.

Le Collectif Plein Air a écrit au Ministre M. Stéphane Le Foll

Le Collectif Plein Air a exprimé son  inquiétude concernant l’expertise de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), en l’état actuel, en écrivant à Stéphane Le Foll, qui a lancé une Stratégie nationale pour le bien-être des animaux. C’est à l’ANSES qu’est confiée l’expertise en matière de bien-être animal.

L’ANSES avait rendu, en mars dernier, un avis sur les matériaux manipulables qui doivent obligatoirement être mis à disposition des porcs. La recherche bibliographique était intéressante, mais la conclusion surprenante : l’ANSES tolère les chaînes en tant que matériau manipulable accordé aux porcs, parce qu’elles sont compatibles avec le caillebotis intégral. C’est que l’ANSES accepte le caillebotis intégral tel que défendu par la filière porcine. L’argument massue est pudiquement relégué en annotation de pied de page : les porcs ayant besoin de matériaux déformables…  une chaîne est un matériau manipulable déformable

En lisant notre courrier et son ANNEXE, vous découvrirez

l’extraordinaire matériau manipulable

que les équipes de recherche ont inventé.

 

ENCORE des porcheries industrielles sur caillebotis ?  Merci l’ANSES ?

Nous pouvons tranquillement admettre que si l’ANSES avait OSÉ prendre plus clairement position pour des matériaux manipulables appropriés et pour des sols compatibles avec ces matériaux (de nature végétale et comestibles), et pour des sols en même temps confortables au niveau physique et thermique comme la loi (inappliquée) l’impose – quitte à se mettre en désaccord avec la position défendue par l’Institut Technique du Porc  au nom d’une filière caillebotiste ! –  SI seulement l’ANSES avait osé… les éleveurs auraient été incités à donner suite, et nous aurions sans doute moins de projets et d’extensions de porcheries industrielles sur caillebotis intégral aujourd’hui. L’innovation aurait pu s’enclencher. Eh bien non : verrouillage. La responsabilité est lourde. Ces investissements dans des porcheries créent des faits accomplis pour 20 à 30 ans.

Chère ANSES ! Ce n’est pas parce qu’on est très bon en « Infectiologie en milieu concentrationnaire » qu’on est forcément aussi bon en « Répondre aux besoins physiologiques, comportementaux et affectifs des animaux ».

Ou plutôt, il ne suffit pas d’être très bon en connaissances, il faut aussi aller jusqu’au bout d’un engagement éthique.

Ce jour-là, les animaux et l’environnement diront « MERCI ANSES ».

mortalité

Source : L’album Une vie de cochon. Ce n’est pas parce qu’on connait tout sur les infections qu’on va rendre aux porcs le bien-être qu’ils méritent …